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Traditions du Vallespir

La Sainte Tombe d'Arles-sur-Tech

La Sainte Tombe ou le mystère du sarcophage d’Arles-sur-Tech

Durant les temps sombres du Moyen-Age1, le Vallespir était en proie à des monstres fantastiques : Simiots, dragons, lions, ours, et loups, à des épidémies de peste et au déchaînement des éléments. Pour conjurer le mauvais sort, l’abbé Arnulphe partit d’Arles-sur-Tech en quête d’un remède contre tous ces maux.

  1. On pourrait situer cette “époque sombre” entre le IXe – Xe siècle pendant la reconquête vers. Après l’époque romaine, suite à l’invasion Maure, les villes et villages avaient été abandonnés et étaient peu à peu retournés à la nature. Après la libérations des terres par Charlemagne, les Catalans s’installent dans les vallées redevenues sauvages et doivent affronter les bêtes féroces qui peuplent les montagnes.

La quête des saintes reliques d’Abdon et Sennen

Il trouva écoute et réconfort auprès du Souverain Pontife qui lui proposa de choisir entre toutes les saintes reliques précieusement conservées à Rome. Arnulphe ne sachant quels Saints résoudraient son problème, il entra en méditation. Lui apparurent alors deux jeunes hommes qui se présentèrent sous le nom d’Abdon et Sennen, anciens princes de Perse et martyres à Rome. Ils lui indiquèrent exactement où leur dépouille était ensevelie dans le cimetière de Pontien. Ils lui dirent aussi de les emmener avec lui afin qu’ils guérissent les maux de son peuple. Arnulphe organisa alors une expédition et fit creuser à l’emplacement même qu’on lui avait indiqué. Des corps parfaitement conservés furent bientôt mis à jour dégageant d’une douce odeur florale caractéristique des saintes reliques.

Craignant pour la sûreté des reliques lors du voyage du retour, il les fit placer dans un tonneau puis ce tonneau fut mis dans une grande barrique qu’il fit remplir d’eau provenant du baptistère celui-là même où Saint Pierre baptisa les premiers chrétiens et dont on rapporte un grand nombre de guérisons miraculeuses.

La barrique fut chargée à bord d’un navire et Arnulphe rentra au pays. Il fit charger la barrique sur une mule et commença son retour vers Arles-sur-Tech. Au cours du voyage la mule fut précipitée et disparue au fond d’un gouffre. Tous les espoirs d’Arnulphe furent anéantis. Résigné, il poursuivit son chemin jusqu’à l’abbaye d’Arles sur Tech. Il entendit bientôt les cloches sonner à toute volée et fut stupéfait de trouver la mule et son précieux chargement sur la place du village, les villageois prosternés devant elle. Les bêtes féroces avaient fui à l’arrivée des saintes reliques d’Abdon et Sennen. On installa les saintes reliques dans une chapelle latérale de l’abbaye d’où elles ne sortent que pour la procession de la fête patronale de Saint Abdon et Saint Sennen le 30 juillet.

L’origine de la sainte tombe

sainte tombe01 La Sainte Tombe dArles sur Tech

Arnulphe soulagea la mule et vida l’eau de la barrique dans un ancien sarcophage à l’entrée de l’abbaye. Un lépreux vint boire l’eau et fut guéri instantanément. Les moines, voyant cela, refermèrent le sarcophage au moyen de son lourd couvercle de marbre et commencèrent à puiser l’eau par un petit orifice pour l’offrir aux malades.

L’eau de ce sarcophage est pure et on lui alloue des propriétés curatives et miraculeuses. Le miracle le plus connu est sans doute celui de la guérison du seigneur de Taillet guéri vers 1200 d’un cancer du visage. L’origine de cette eau reste inconnue et elle est intarissable (excepté lors des deux guerres mondiales où le tombeau est resté vide).
Un autre témoignage de guérison a été donné plus récemment, dans le cadre d’une émission par un habitant du village, grièvement brûlé lors d’un feu de la Saint-Jean et soigné au moyen de l’eau du sarcophage.

La source de cette eau est d’origine inconnue et intarissable (excepté lors des deux guerres mondiales où le tombeau ne se remplit pas). La Sainte Tombe est dégagée des murs de la cour de l’Abbaye et élevée du sol par deux blocs de marbre, elle se remplit d’eau au fil des jours et est puisée par le curée du village à l’aide d’une pompe à piston afin de perpétuer la tradition et de l’offrir aux malades.

Qu’en pensent les scientifiques ?

En 1910, l’abbé Crastre promet la récompense de 1 000 Francs à celui qui éluciderait le mystère de la Sainte tombe d’Arles-sur-Tech. Cette somme fut déposée chez un notaire, mais personne n’a encore réclamé son dû. Les hommes de science ont alors émis plusieurs hypothèses et des mesures et expériences ont été réalisées.

L’une des hypothèses semble pour eux l’explication logique : les deux parties du sarcophage (le sarcophage proprement dit et son couvercle) sont constitués de la même roche poreuse. Du calcaire de cette roche se dissout dans l’eau de pluie qui traverse le couvercle perméable. Les carbonates contenus dans cette eau se déposent sur le fond et le rendent imperméable. La porosité du couvercle permet la filtration de l’eau de pluie. Celle-ci est maintenue dans le sarcophage du fait que le fond (car le couvercle et le sarcophage ont été taillés dans le même bloc de pierre) a été bouché par des sédiments au fil des années.

Plus d’informations sur le site du laboratoire http://www.zetetique.ldh.org/sarc_arles.html

Très bel article de pseudo-sciences.org http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article603

 

Fête des Gegants

Les Géants “Els Gegants”

Hérité de rites médiévaux, la tradition des Gegants avait quelque peu disparu en Catalogne Nord. Considérée comme une fête païenne, elle s’était assimilée à la fête du carnaval. Cette tradition a persisté à Barcelone et, encouragée par les Catalans du sud, elle est réapprise dans les villages de Catalogne du Nord.

Dans la grande famille des géants d’Europe (Nord de la France, Belgique…), les Géants de catalogne sont des géants dits portés. C’est-à-dire qu’une personne est sous le géant pour le faire avancer. La structure de bois ou de métal repose sur les épaules et la tête du porteur.

Les géants sont principalement en couple. Ils représentent des personnes importantes ou représentatives d’un village. Les personnes choisies ne doivent pas être contemporaines ni avoir une connotation religieuse. Le village doit composer une sardane jouée par la cobla du village, sur laquelle le géant dansera lors des rencontres.

le déroulement de la Fête

Un couple de Géants invite les autres Géants dans son village. Ils paradent ensuite dans le village en dansant et tournoyant sur eux même. Puis ils se réunissent sur une grande place pour danser en couple sur leur propre sardane jouée par la Cobla.

Photos d’une Fête de Gegants (Arles-sur-Tech)

Els Segadors

 

ELS SEGADORS cat Els Segadors

Catalunya triomfant
Tornarà a ser rica i plena
Endarrara aquesta gent
Tan unfana i tan superba !

Bon cop de falç
Bon cop de falç, defensors dela terra
Bon cop de falç

Ara és hora segadors
Ara és hora d’estar alerta
Per quan vingui un altre Juny
Esmolem ben bé les eines !

Bon cop de falç
Bon cop de falç, defensors dela terra
Bon cop de falç

Que tremoli l’enemic
En veient la nostra ensenya
Com fem caure espigues d’or
Quan convé, segem cadenes

Bon cop de falç
Bon cop de falç, defensors dela terra
Bon cop de falç

 

 

Traduction Française

ELS SEGADORS fra Els Segadors
LES FAUCHEURS
Hymne National Catalan écrit le 7 juin 1640

Catalogne triomphante
Redeviendra riche et abondante
En arrière ces gens
si orgueilleux et si sûrs d’eux

De bons coups de faux
De bons coups de faux, défenseurs de la terre
De bons coups de faux

Maintenant, c’est l’heure, faucheurs !
Maintenant, c’est l’heure de faire attention
Pour quand reviendra un autre Juin
Aiguisons bien nos outils !

De bons coups de faux
De bons coups de faux, défenseurs de la terre
De bons coups de faux

Que l’ennemi tremble
En voyant notre étendard
Comme nous faisons tomber les épis d’or
Quand il le faut, nous coupons les chaînes

De bons coups de faux
De bons coups de faux, défenseurs de la terre
De bons coups de faux

 

Poème Le Roussillon

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Le Roussillon fra Poème Le Roussillon

C’est un petit pays qui regarde la mer
Caressé par le vent et habillé de vert
C’est un petit pays inondé de soleil
Avec des chants d’oiseaux pour chanter le réveil.

C’est un petit pays où fleurit le bonheur
Où se dorent les fruits, où se pâment les fleurs,
C’est un petit pays où l’air frais du matin
Redescend du coteau chargé de romarin.

C’est un petit pays où la mer se fait belle
Quand la saison d’amour ramène l’hirondelle
Et que du haut du ciel le Maître du décor
Répand sur les genêts la jolie toison d’or.

C’est un petit pays à l’allure très digne
Où sagement rangée se prélasse la vigne
Sous le regard hautain et cependant très doux
D’un tout petit géant qu’on nomme Canigou.

Et ce petit pays où moi j’ai vu le jour
Et fait mes premiers pas et découvert l’Amour
Où j’ai gagné mon pain et construit ma maison
Où je voudrais mourir s’appelle Roussillon,

Le cœur joyeux gonflé d’espoir
Je veux chanter ma joie d’avoir
L’Amour, mon pays, ma maison,
Sous le ciel bleu du Roussillon.

Jean Cayrol

 

Traduction Catalane

El Rosselló cat Poème Le Roussillon
Traducció català

És un petit país que mira la mar
Acariciat pel vent i vestit de verd
És un petit pais inundat de sol
Amb cants d’ocells per cantar el despertament.

És un petit país on floreix la felicitat
On els fruits són daurats, on els flors es esvaneixen,
És un petit país on l’aire fresc del matí
Baixa del vessant carregat de romarí.

És un petit país on la mar es fa formosa
Quan la temporada d’amor fa tornar l’oreneta
I que d’adalt del cel el Mestre del decor
Escampa sobre les ginestes el bell velló d’or.

És un petit país a l’actitud molt digne
On sensatament ordenada la vinya es relaxa
Sota la mirada altiva i tanmateix molt suau
D’un tot petit gegant que s’anomena Canigó.

I aquest petit país on jo-mateix he vist el dia
I fet els meus primers passos i descobert l’amor
On he basquejat el meu pa i construit la meva casa
On voldria morir s’anomena Rosselló.

El cor felix inflat d’esperança
Vull cantar la meva alegria d’haver
L’Amor, el meu pais, la meva casa,
Sota el cel blau del Rosselló.

Jean Cayrol

Paroles de la sardane La Santa Espina

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La Santa Espina cat Paroles de la sardane La Santa Espina
(Sardana)

Som i serem gent catalna,
tant si es vol com si no es vol,
que no hi ha terra més ufana
sota la capa del sol. (bis)

Déu va passar i en primavera
i tot cantava al seu pas,
canta la terra encara entera
i canta que cantaràs.

Canta l’ocell, el riu, la planta,
canta la lluna i el sol.
Tot treballant, la dona canta
i canta al peu del bressol.

I canta a dintre de la terra,
el passat jamai passat,
i jorns i nits, de serra en serra
com tot, canta el Montserrat.

Fill meu per Catalunya
vull veure’t gran i fort ;
fes cara als que l’ultrajin
I per ella, viu i mort.

Som i serem gent catalana
tant si es vol com si no es vol,
que no hi ha terra més ufana
sota la capa del sol.

De Catalunya a Valencia,
de Mallorca a Rossello
tot és la braca d’un arbre

com pel mon, no n’hi ha de prio.

Traduction Française

La Santa Espina fra Paroles de la sardane La Santa Espina
La Sainte Épine
(Sardane)

Nous sommes et resterons hommes catalans
Que tu le veuilles ou non
Car il n’y a pas de terre plus fière
Sous la cape du soleil (bis)

Dieu est passé par là au printemps
et tout chantait sous ses pas,
chante la terre toute entière
et chante que tu chanteras.

Chante l’oiseau, la rivière, la plante,
chante la lune et le soleil.
Tout en travaillant, la femme chante
Et elle chante au pied du berceau.

Et chante à l’intérieur de la terre,
Le passé jamais passé,
Les jours et les nuits, de montagne en montagne
Comme tout chante à Montserrat.

Mon fils pour la Catalogne
Je veux te voir grand et fort ;
Fais face à ceux qui l’outragent
Et pour elle, vit et meurt.

Nous sommes et resterons hommes catalans
que tu le veuilles ou non
Car il n’y a pas de terre plus fière
Sous la chape du soleil.

De Catalogne à Valence,
De Majorque au Roussillon,
Tout est la branche d’un arbre

Comme dans le monde, il n’y en a pas de pareil.

* sardane : danse traditionnelle catalane
+ plus sur la sardane

 

Paroles de Parlem Català


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PARLEM CATALÀ cat Paroles de Parlem Català

Nosaltres aqui parlem català
Parlem català és la nostra llengua
Parlem català és la nostra vida
És el nostre esser, és nostre pa.

Parlem català per te dir t’estimi
Parlem català per collir la flor Per
esgrunar els anys d’aquest
temps que passa

Parlem català per riure i cantar. Per dir la tristor, tenim català
Per calmar les penes, tenim català Tenim català per cantar l’amor
I per fer les festes, saltar i ballar

Alguns no voldrien aquest català
Arreu si podien el farien callar
Pero per tan que fassin
juntarem les mans
I tots cantarem el sempre endavant

A sota el cel blau del nostre pais
Cantarem la pau, l’amor i l’encis
L’amor de la terra, l’amor dels
germans I per tant que fassin
serem catalans.

 

Muntanyes regalades

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Muntanyes regalades cat Muntanyes regalades

Muntanyes regalades
són les del Canigó
que tot l’istiu floreixen
primavera i tardor.
Dau-me l’amor minyona
Dau-me la vostra amor

Tardor i primavera
en tot temps hi ha flors.
Hi floreixen les roses,
clavells de tots colors.
Dau-me l’amor minyona
Dau-me la vostra amor

N’hi ha una donzella
qu’em té robat el cor,
lo lliga amb cadenes
amb cadenes d’or.
Dau-me l’amor minyona
Dau-me la vostra amor

Traduction Française

Muntanyes regalades fra Muntanyes regalades

Montagnes où l’eau ruisselle
sont celles du Canigou
qui fleurissent tout l’été,
le printemps et l’automne.
Donne-moi l’amour, jeune fille
Donne-moi ton amour

L’automne et le printemps
tout le temps, il y a des fleurs.
Il y fleurit les roses,
les œillets de toutes les couleurs.
Donne-moi l’amour, jeune fille
Donne-moi ton amour

Il y a une jeune fille
qui m’a volé mon cœur,
elle l’a lié avec des chaînes
avec des chaînes d’or.
Donne-moi l’amour, jeune fille
Donne-moi ton amour

 

Paroles de la Cargolada

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LA CARGOLADA cat Paroles de la Cargolada

Cargolada sempre seras
en tot temps reina dels Catalans
de la plana el Canigo
seras cantada per tot el Rosello

Dins l’amistat i per molts anys
tots reunits entre companys
poguem cada any recommençar
de riure un poc i de nos amusar

Tot s’arregla tot s’adoba
dins el nostre Rosello
ben ségur que val millo
prendre el temps com nos ven
i deixar parlar la gent
tot s’arregla tot s’adoba
Maî Morirem…

Paroles de L'estaca

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L’ESTACA cat Paroles de Lestaca

L’avi siset em parlava
De bon mati al portal
Mentre el sol esperàvem
I els carros vèiem passar.
Siset, que no veus l’estaca
On estem tots lligats ?
Si no podem desfer-nos-en
Mai no podem caminar !

Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar,
Segur que tomba, tomba, tomba
Ben corcada deu ser ja.
Si tu l’estires fort per aqui
I jo l’estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem aliberar.

Però, Siset, fa molt temps ja :
Les mans se’m van escorxant,
I quan la força se me’n va
Ella és més ampla i més gran.
Ben cert sé que està podrida
Però és que, Siset, pesa tant
Que a cops la força m’oblida.
Torna’m a dir el teu cant :

Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar,
Segur que tomba, tomba, tomba
Ben corcada deu ser ja.
Si tu l’estires fort per aqui
I jo l’estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem aliberar.

L’avi Siset ja no diu res,
Mal vent que l’emporta
Ell qui sap cap a quin indret
I jo sota el portal
I mentre passen els nous vailets
Estiro el coll per cantar
El darrer cant d’en Siset,
El darrer eue em va ensenyar.

Si estirem tots, ella caurà
I molt de temps no pot durar,
Segur que tomba, tomba, tomba
Ben corcada deu ser ja.
Si tu l’estires fort per aqui
I jo l’estiro fort per allà,
Segur que tomba, tomba, tomba
I ens podrem aliberar

 

Traduction Française

L’ESTACA fra Paroles de Lestaca

Grand-père Siset en parlait ainsi
De bon matin sous le porche
Tandis qu’attendant le soleil
On regardait passer les chariots
Siset, ne vois tu pas le pieu
Où nous sommes tous ligotés ?
Si nous ne pouvons nous en défaire
Jamais nous ne pourrons avancer !

Si nous tirons tous, il tombera
Cela ne peut durer longtemps
C’est sûr qu’il tombera, tombera, tombera
Bien vermoulu, il doit être déjà
Si tu le tires fort par ici
Et que je le tire fort par là
C’est sûr il tombera, tombera, tombera
Et nous pourrons nous libérer

Mais Siset ça fait longtemps déjà
Mes mains à vifs sont écorchées!
Et alors que mes forces me quittent
Il est plus large et plus haut.
Bien sur, je sais qu’il est pourri
Mais aussi Siset, il est si lourd
Que parfois les forces me manquent
Rechante moi ta chanson.

Si nous tirons tous, il tombera
Cela ne peut durer longtemps
C’est sûr qu’il tombera, tombera, tombera
Bien vermoulu, il doit être déjà.
Si tu le tires fort par ici
Et que je le tire fort par là
C’est sûr il tombera, tombera, tombera
Et nous pourrons nous libérer.

Grand-père Siset ne dis plus rien
Un mauvais vent l’a emporté
Lui seul sait vers quel lieu
Et moi je reste sous le porche.
Et quand passent d’autres valets
Je lève la tête pour chanter
Le dernier chant de Siset
Le dernier qu’il m’a appris

Si nous tirons tous, il tombera
Cela ne peut durer longtemps
C’est sûr qu’il tombera, tombera, tombera
Bien vermoulu, il doit être déjà
Si tu le tires fort par ici
Et que je le tire fort par là
C’est sûr il tombera, tombera, tombera
Et nous pourrons nous libérer

Les Trabucayres du Vallespir

En 1840, à la mort de Ferdinand VII, Don Carlos voulut mettre en place la loi salique en Espagne afin de pouvoir régner à la place de la Régente Marie-Christine.
Une guerre se livra alors sans merci entre les partisans de Don Carlos, les carlistes et les partisans de la Régente, les Christinos.
Des pilleurs de l’armée carliste terrorisèrent le Vallespir, de là naquirent les Trabucayres, ainsi nommés car ils étaient armés de trabucs (tromblons). Ces bandits avaient établi leur quartier général à Las Illas, en raison de sa proximité avec la frontière espagnole et de son habitude de la contrebande.

L’attaque de la diligence

Le 24 février 1845, ils élaborèrent un plan pour attaquer la diligence de Perpignan roulant vers Barcelona.
Le lendemain, à la nuit tombante, treize hommes quittaient Las Illas en direction de Gerona. Trois jours plus tard, vers 10 heures du soir, la diligence qui traversait un bois situé entre Gérona et Tordéra, fut arrêtée par un cri retentissant dans la nuit silencieuse “Halto !”
La voiture s’arrêtat et les bandits, armés jusqu’aux dents, firent descendre tous les voyageurs, les firent asseoir par terre en cercle, leur intimant l’ordre de jeter au milieu tout ce qu’ils possédaient sur eux sous peine d’être fusillés sur-le-champ.
Après avoir brutalisé les deux officiers espagnols qui faisaient partie de la diligence et les femmes, les bandits choisirent trois hommes qu’ils mirent à part et qu’ils ligotèrent : Don Ballber de Gérona, âgé de 70 ans, Roger, banquier à Figueras, et Jean Massot, 16 ans, étudiant originaire de Darnius.
Insensibles et même agacés par les supplications de Mme Massot, ils emmenèrent à travers bois leurs trois prisonniers.
Deux jours de marche étaient nécessaires pour regagner leur point de départ.
Le lendemain, Don Ballber, accablé de fatigue, se laissa tomber dans la neige.
Au cours d’une altercation avec des soldats et gendarmes, Roger tenta de s’échapper, et trouva la mort, une balle dans la nuque.
Après ces affrontements, les bandits se divisèrent en deux groupes : l’un partit vers Coustouges, l’autre, avec Massot, partit se réfugier dans la grotte de Bassagoda; nous étions le 1er avril 1845.

La rançon

De cette grotte, Massot écrivit de nombreuses lettres à sa mère afin de la convaincre de payer les 65 000 francs de rançon. Mais la malheureuse mère ne disposait pas de cette somme et les Trabucayres ne daignèrent pas répondre à ces tentatives de négociation.
Pendant ce temps, un plan d’attaque fut mis en place des deux côtés des Pyrénées pour prendre les bandits dans un étau.
Ces derniers, prévenus par “Nas Ratat”, un de leurs fidèles receleurs, décidèrent de se réfugier au Mas de l’Aloy à Cortsavi. Mais avant de partir, il fallait se débarrasser du prisonnier qui les gênait et qui ne leur apporterait aucune rançon.
C’est le Trabucayre Matheu, dit “Xicolate”, le sanguinaire, qui se chargea de l’assassinat. Il se rendit à la grotte de Bassagoda, accompagné de deux compères, armé de « son coutelas à cran d’arrêt muni d’un bout de lame à double tranchant ». C’était le 1er mai 1845.

Le Mas de l’Aloy

Le lendemain, les bandits arrivèrent à Cortsavi à 3 heures du matin. Ils se faisaient passer auprès du fermier de l’Aloy pour des jeunes gens voulant passer la frontière.
Le 5 mai, les gendarmes et les douaniers d’Arles-sur-Tech, prévenus, cernèrent le Mas de l’Aloy. À la sommation qui leur fut faite de se rendre, certains bandits tentèrent de s’échapper. Des coups de feu partirent. Michel Bosch fut mortellement touché. Il demanda à se confesser avant de mourir. Quand la chose fut faite, le prêtre s’écria en passant devant les prisonniers : “Gardez-les bien, ce sont des scélérats !”
Les bandits furent conduits à la prison de Céret.
Ce fut le lendemain de leur arrestation qu’un jeune berger du Mas de l’Aloy, Joseph Courdomy, découvrît dans le foin un panier dans lequel se trouvaient deux oreilles, celles de Massot, que Xicolate avait coupées. Cette macabre découverte servit de pièce à conviction durant le procès.

le procès

Les Trabucayres furent transférés de Céret à la prison Sainte Claire à Perpignan et leur procès dura un an.
Quatre accusés furent condamnés à mort, dont deux à Céret, Jean Simon dit Coll Suspins, dit Tocabens, le chef, et Joseph Balme dit Sagals, et deux à Perpignan, Jérôme Icazes dit Llaurens, et Joseph Matheu dit Xicolate.
Les autres furent condamnés à des années de travaux forcés ou de réclusion criminelle et à l’exposition publique.
Les quatre bandits furent exécutés fin juin 1846. Après s’être repentis, ils moururent donc guillotinés.
Joseph Balme s’écria en montant sur l’échafaud : “Viva Don Carlos, viva religion, yo mori carli !”

Dès lors, le département des Pyrénées-Orientales recouvra sa tranquillité d’antan.

© Texte : Caroline Comes Source : Jean RIBE

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